Raphaëlle tells her stories from Rwanda in French, as several generations of Rwandans are still francophones. It also helps to begin to address a more worldwide community. Edify wishes to make its blog accessible to those it serves in Rwanda.[translate_this lang=”fr”]
On s’est retrouvés à Prefer Preschool sans trop savoir comment. Et avant qu’on sache ce qui se passait, on avait chacun un panier dans les mains avec pour charge de nourrir ces tout-petits enfants assis bien sagement en rang.

Il faut dire que ces petits loups ont faim à 10 heures, surtout s’ils n’ont pas eu de petit déjeuner à la maison. Et pour bien apprendre il faut un estomac plein! Cathy l’a bien compris et elle nourrit ses 175 enfants de maternelle tous les jours. Pain frais et soupe de porridge ou de sorgho sont servis à ces petits qui vous remercient vivement par un “Thank you very much” bien sonné!

Ils viennent tous de la communauté locale où les enfants ne vont pas à l’école avant 6 ou 7 ans, quand l’école publique les accueille. Ils sont souvent laissés à eux-mêmes, jouent dans la poussière pendant que leur mère travaille pour essayer de nourrir la famille. Les repas sont comptés et l’éducation privée est un rêve hors de leur portée. Cathy s’est installée ici, près de Musanze (province du Nord) il y a plusieurs années après son mariage avec un rwandais. Leur projet d’aider la communauté locale à sortir de l’extrême pauvreté a pris bien des formes. Ils ont commencé par donner des chèvres aux familles qui en avaient le plus besoin. Ils ont ouvert leur école maternelle et ils emploient plusieurs mamans pour préparer la nourriture des enfants et entretenir l’école. Leur école fait également office d’infirmerie locale et Cathy a appris les rudiments du métier d’infirmière sur le tas!

Quelle surprise que de voir ces tout-petits réciter des comptines et l’alphabet en anglais. Ils sont dispersés dans 4 classes décorées de peintures murales aux couleurs vives. Leurs dessins tiennent par des pinces à linge et des livres d’enfants sont bien rangés dans les étagères. Ces enfants reçoivent une éducation digne des jolies écoles maternelles occidentales. Quel contraste avec certaines salles de classe locales où les murs nus supportent un immense tableau noir rempli de pattes de mouches scientifiques que les enfants recopient en silence!

Nous voici dans une des communautés les plus pauvres; l’école habille très souvent les enfants, mais malgré cela ils reçoivent une éducation de grande qualité. Quel espoir pour ces familles dont les parents n’ont souvent pas fini l’école primaire! Cathy raconte que les mamans viennent la voir en pleurant pour la supplier de prendre leur enfant. Souvent elles vont jusqu’à glisser leur progéniture parmi les enfants qui jouent pendant la récréation espérant que l’enseignant ne verra pas la différence de retour en classe. Mais Cathy ne baisse pas les bras, elle espère ouvrir bientôt une petite école primaire pour continuer avec les mêmes enfants. Elle reçoit des volontaires régulièrement et ouvre sa porte à qui veut aider!

Et on continue à nous dire que les écoles privées pour les pauvres n’existent pas, que c’est une absurdité sans nom, qu’on peut bien chercher, qu’on ne les trouvera pas!! J’invite les sceptiques et les incrédules à se promener un peu plus en dehors de leurs locaux administratifs et à tomber sur les Cathy, Antoinette, Alexis, Théoneste et tous les autres qui se battent tous les jours pour offrir à leurs enfants une éducation sans pareil!
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