[translate_this lang=”fr”]Ce que l’on voit tout d’abord d’Anitha c’est une grande silhouette élancée et fine qu’elle balance quand elle marche.  On est ensuite attrapé dans son grand sourire. Cela fait déjà deux mois que nous apprenons à la connaître et cette femme forte, veuve et mère de cinq enfants, ne cesse de nous surprendre.
Anitha n’a pas pu finir le lycée car elle est tombée enceinte et a été fortement « encouragée » à se marier. Elle nous raconte aussi qu’elle a toujours désiré retourner à l‘école mais que ses grossesses successives l’en ont toujours empêchée. En l’écoutant un peu plus on apprend aussi qu’elle est allée en Ouganda voir un docteur et obtenir la pilule contraceptive en cachette. Son mari est mort quand leur petit dernier avait deux ans. La voilà désormais seule avec ses cinq enfants et sa mère âgée à charge. Anitha a à peine 39 ans.

La semaine dernière son voisin a essayé de lui voler une parcelle de son terrain et elle a du recourir à la justice de son district pour faire valoir ses droits de propriétaire qui apparemment n’étaient pas assez légitimes aux yeux de cet homme.

Anitha se bat tous les jours pour sa famille et dépense tout son argent pour envoyer ses enfants à l’école. Elle croit fondamentalement au pouvoir de l’éducation et parle souvent de la chance que ses filles ont. Elle n’a pas de rancœur mais regrette de ne pas avoir pu faire ses propres choix et finir l’école. Elle rêve aujourd’hui de pouvoir obtenir un prêt de microcrédit pour pouvoir ouvrir sa boutique d’alimentation de quartier.

La vie d’Anitha s’améliore. A mesure que ses enfants finissent l’école elle va pouvoir économiser et accéder à son rêve de marchande. Mais aujourd’hui sa vie est plus difficile qu’elle ne le devrait pour la seule raison qu’elle est une femme.

Les femmes ici n’ont pas encore accès à tous leurs droits comme l’éducation et la liberté de choix. Les choses avancent petit à petit, et de vraies campagnes publiques ont été lancées sur les thèmes de la violence faite au femmes et le droit à l’école des filles. J’espère que cette nouvelle génération ne comprendra pas pourquoi, avant, un homme battait sa femme pour ne pas perdre la face devant le reste de la communauté.

Merci Anitha pour votre exemple de persévérance, de foi et d’endurance dans la vie. Votre sourire est un témoignage d’espérance.[/translate_this]